 01/10/08 - Tanger | Nous voici sur le continent africain, ce qui signifie beaucoup pour nous. Nous sommes déjà venu plusieurs fois au Maroc, mais jamais pour poursuivre ensuite notre route par le sud. Aujourd'hui c'est différent: ce pays que nous aimons beaucoup est notre "porte d'entrée" en Afrique, et c'est ici que commence véritablement notre aventure. |
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Pour commencer, nous avons avancé nos montres de 2h: nous avons quitté le port d'Algéciras vers 11h, et avons débarqué à Tanger à 10h, malgré 1h de traversée! La magie des fuseaux-horaire, difficile à expliquer aux filles... Nous avons trouvé une promotion le matin même, sur le port d'Algéciras: un bateau à remplir et une compagnie qui "soldait" ses billets à 94€ au lieu de presque 300€ pour nous 4 et Campeur. Bon début de journée!
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Ensuite, le débarquement et la sortie du port de Tanger, tous nos papiers en règle, nous ont pris à peine plus d'une heure. Nous avons alors retrouvé Luc, Muriel et Lula (4 ans), rencontrés à Tarifa l'avant-veille. Ils sont partis mi-août pour 1 an d'Afrique à bord de "tout-passe", leur Saviem TP3.
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Les filles ayant tout de suite sympathisé, nous sommes installés ensembles pour 2 nuits au camping de Tanger, tout proche de la medina et ombragé par des eucalyptus (mon arbre préféré).
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Muriel et moi sommes allées faire une petite balade entre filles dans la medina à la tombée de la nuit. Que reste-t-il de cette ville mythique, "cité des truands et des artistes", dont le seul nom évoquait la décadence et le mystère? |
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A part une proposition d'un revendeur de shit, nous nous sommes promenées en toute quiétude à travers un dédale de ruelles aussi blanches qu'étroites, à l'heure où la vie reprend, où les jeunes chahutent dans la rue et où les vieux discutent aux terrasses de cafés décrépis...
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Ce jour est particulier et férié: c'est la fin du ramadan, et les gens ont fêté ça en famille durant la journée, avant de ressortir plus tard dans le quartier.
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Nous, pendant que les filles jouaient ensemble, nous avons fait un point sur nos routes qui vont se séparer ici, pour peut-être se recroiser plus loin, qui sait?... Nous partons demain pour Chefchaouen, que nous voulons visiter depuis longtemps. Ensuite nous nous enfoncerons sans doute dans l'Atlas, avant de descendre au sud. Depuis sa 1ere balade à dos de dromadaire vers Merzouga en 2007, Cannelle rêve de recommencer! Retour haut de page |
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 02/10/08 - Chefchaouen |  La ville bleue... la ville féérique, la ville ensorcelante, la ville irréelle! |
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Ici les maisons ne sont plus blanches, mais bleues; et comme chaque habitant fait son propre bleu, c'est un véritable camaïeu qui se dévoile au fil des ruelles... et des escaliers. |
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Car ce "gros village" est accroché à flanc de coteau à 600 m d'altitude, et adossé à 2 montagnes en forme de cornes dont il tire son nom.
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Pour ma part je suis sous le charme: je me baladerais des heures à travers les ruelles les plus enfoncées dans la medina, celles où il n'y a plus de boutiques pour touristes...
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Ou bien je me poserais, assise dans un recoin discret, pour observer simplement les allers et venus des habitants de ce lieu si particulier. Ont-ils conscience de vivre au milieu d'autant de beauté?
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Les filles ADORENT! Elles aussi prennent la mesure de la rareté de cet endroit, et s'émerveillent à chaque pas. Cannelle est, comme moi, toujours tentée d'aller plus loin: "si on allait par là, ça a l'air super beau!" Et elle a raison: la meilleure façon de découvrir une medina est de s'y perdre.
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Pour une nuit plus tranquille, et vu les prix très raisonnables pratiqués ici, nous sommes montés ce soir jusqu'au camping qui surplombe ce décor. Grâce à l'électricité à volonté, les filles ont eu droit à une séance de cinéma: "Azur et Asmar"... histoire de rester dans l'ambiance marocaine!
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 05/10/08 | En 3 jours nous avons traversé le Rif et le Moyen Atlas... Le Rif est une belle région mais très sensible, même si elle n'est plus considérée comme réellement dangereuse: elle produirait à elle seule 80% de l'offre mondiale de cannabis! Les revendeurs sont partout: à pieds, brandissant des joints ou carrément des savonnettes au passage des véhicules, ou bien motorisés, klaxonnant et doublant dangereusement pour vous forcer à vous arrêter! Inutile de dire que pour installer notre bivouac, les choses se présentaient plutôt mal.... Jusqu'à ce que j'aperçoive, près de Taounate, un café nommé "Ardèche"!
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Nous n'avons pas rencontré le propriétaire du café qui apparemment connaît notre belle région; mais nous avons fait connaissance d'Aarab Khamar , qui nous a offert de dormir dans sa cour et de partager son repas.
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Pendant que les filles dansaient sur la musique orientale de clips télévisés, ce vieux monsieur parlant un peu français nous a raconté "son Indochine", Dien Bien Phu, et nous a fièrement montré sa croix de guerre obtenue suite à une blessure à la jambe. Il semble encore attendre la revalorisation de sa pension pour "services rendus à la France"....
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Dans la soirée il a aussi fallu se soumettre à un contrôle rigoureux de nos papiers: le chef du village, averti par on ne sait qui, est venu sur place relever longuement nos identités pour ensuite les transmettre par téléphone à un supérieur régional. La scène, qui s'est éternisée, est devenue quelque peu comique; mais c'était pourtant très sérieux, et notre hôte a dû également rendre des comptes: pas facile d'être serviable!
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En tous cas nous avons passé une excellente nuit en plein Rif, et au matin, après avoir partagé le petit déjeuner, les filles ont assisté avec entrain et curiosité aux taches de la maison.
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Comme à chaque fois, Cannelle a eu du mal à partir! Pour remercier nos hôtes sans proposer d'argent (ce qui est souvent gênant pour tout le monde), nous leur avons acheté des colliers de figues séchées dont nous nous étions déjà gavés la veille. |
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Et vous savez quoi? Nous avons découvert ce soir que ces délicieuses figues contiennent des vers; Bambou en a même trouvé un gros rampant sur notre banquette! Demain nous devrons donc vider nos placards pour vérifier que nos vivres n'ont pas été attaquées! Peu importe: c'est pour des rencontres comme celles-ci bien plus encore que pour les paysages, que nous voulons parcourir le monde!
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Nous avons repris la route du sud, contourné Fes, découvert Ifrane, (1650 m d'altitude), qui ressemble plus à une riche station de ski suisse qu'à une ville marocaine, traversé de magnifiques forêts de cèdres où nous avons observé de loin des singes magot (il y en aurait 200 000 dans la région, mais nous n'avons pas cédé à la tentation de leur donner à manger pour faire une photo), admiré des paysages lunaires, puis de grandes plaines verdoyantes sur des dizaines de kilomètres...
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...pour nous arrêter dans le Moyen Atlas, en pleine nature, au sud d'Azrou. Cannelle a dû se concentrer pour avancer un peu ses cours; pas facile quand des gosses joueurs apparaissent de nulle part, curieux de notre équipage!
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D'ailleurs à ce sujet je dois faire un aveu: j'ai procédé à un tri dans les cours du CNED, dont une partie a terminé à la poubelle. Et pire que ça: je me suis sentie soulagée et bien plus allégée que le poids réel de papier que cela représentait! Bien sûr, l'éveil artistique et musical est important... mais nous nous en chargerons à notre façon! Cannelle et moi envoyons aussi, pour chaque pays traversé, un petit exposé par mail à son ancienne école: elle choisi les photos et les commente pour résumer sa vision du pays, et je fais seulement l'interprète. Elle est très fière de partager son voyage avec ses copains!
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Aujourd'hui c'est l'ouverture de la chasse au Maroc, alors pas question de petites balades dans les bois! Nous avons établi notre campement dans les gorges du Ziz, sur le parking d'un "hôtel-camping" comme il y en a beaucoup par ici.
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Nous y avons essuyé un gros orage, qui nous rappelle qu'en Espagne et en Algérie tout comme en France, les intempéries dévastatrices sont de mise cette année...
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Nous espérons que le beau temps va revenir plus au sud, car demain nous rejoignons les dunes de l'erg Chebbi, dites dunes de Merzouga. Nous comptons y passer plusieurs jours avant de reprendre la route vers l'ouest cette fois-ci, pour (peut-être) retrouver Muriel et Luc aux gorges du Todra.
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Les filles, beau temps ou mauvais temps, ont la pêche... un peu trop à notre goût! Cannelle traverse une passe difficile et fait caprice sur caprice. Elle est un peu "déboussolée", et semble tester si les anciennes limites sont toujours d'actualité; peut-être aussi est-elle un peu en colère contre nous, qui lui avons imposé ce voyage?... Quoi qu'il en soit une mise au point s'impose pour la sérénité de tout l'équipage! ...Peut-être aussi faudra-t-il éviter à l'avenir de leur faire boire le fameux thé à la menthe, auquel elles ont pris goût immédiatement!
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 Bambou, elle, se contente de nous demander tous les matins et tous les soirs: " mais on est où?", et dans la journée: "mais on va où?"... Un simple nom de ville ou de village semble suffire à la rassurer! Retour haut de page |
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 08/10/08 | "Immensité, liberté, sérénité", sera ma devise du jour! Nous campons aux pieds des dunes de l'erg Chebbi, "le désert avant le désert"... J'ai beau passer de longs moments à observer, je reste admirative devant ce miracle de la nature: du sable pour former les dunes, du vent pour les modeler, du soleil pour jouer sur elles et les rendre à chaque instant différentes.
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Les filles, elles, ne se posent pas toutes ces questions: elles courent, sautent, escaladent, glissent, puis s'allongent sur le sable chaud, épuisées... Un vent de liberté souffle sur notre équipage!
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Cannelle voudrait rester ici jusqu'à son anniversaire! Dans 8 semaines nous serons loin, mais nous essaierons d'être à la hauteur... Nous nous sommes posé pour 3 jours au pieds des dunes, loin de Merzouga, village sans intérêt et qui pullule de tas de gens bien intentionnés et prêts à vous vendre pleins de choses pas chères. |
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Pour faire plaisir aux filles, nous avons quand même fait une balade à dos de dromadaires au soleil couchant. |
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Nous avons mangé au milieu des dunes et dormi sous une tente berbère, avant de nous lever à l'aube pour admirer le lever de soleil, et rentrer tranquillement.
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Les filles ont A-DO-RE! Nous, nous avons trouvé ça franchement "attrape-touristes"... De plus les dunes ont, depuis mon 1er voyage ici en 95, subit les assauts des 4x4, Quads et autres joujoux motorisés, et ont perdu beaucoup de leur sérénité et de leur charme. Mais ce qui nous choque le plus, ce sont les hôtels avec piscine dans ce genre d'endroit: comment les gens peuvent-ils se baigner dans d'immenses piscines alors qu'ils ont vu comme nous le long de la route les femmes laver leur linge dans des flaques d'eau boueuse?
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Peut-être les dunes seront-elles un jour protégées, malheureusement au détriment de ceux qui en vivent actuellement sans en prendre soin....
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 10/10/08 | Nous avons quitté précipitamment les dunes avant-hier soir, car un gros orage venait droit sur nous. Contre toute attente, les inondations ne sont pas rares ici, et il y a même eu des morts en 2006. La piste pour rejoindre le pieds des dunes était d'ailleurs déjà bien détrempée à notre arrivée, et nous ne souhaitions pas prendre le risque de rester bloqués plusieurs jours... Nous avons donc préféré la fuite! Bonne initiative, puisque nous sommes arrivés à Rissani sous des trombes d'eau.
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Nous y avons passé la nuit, avant de repartir en direction de Tineghir, où nous avons réussi à retrouver nos amis français, Luc , Muriel, et Lula.
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Nous espérions parcourir ensemble les gorges du Todgha pour rejoindre celles du Dadès en 2 jours par la piste. Mais la pluie nous a rattrapé et l'oued a grossi, rendant dangereuse l'expédition; nous patientons donc aujourd'hui dans l'attente d'une hypothétique amélioration. |
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Puisque nous sommes bloqués ici, je vais en profiter pour dresser un 1er bilan de notre situation actuelle, après presque 1 mois de route. Le Maroc, comme je l'ai déjà dit, nous ouvre les portes de l'Afrique, et le dépaysement se fait peu à peu. Les filles ont appris à dire "Salam'" pour "bonjour", "B'slama" pour "au revoir", et "Choukran" pour merci. Elles s'amusent à parler entre elles une sorte de "yaourt arabe" auquel nous n'entendons rien... Elles s'habituent, un peu étonnées, à être le centre d'intérêt partout où nous passons et à essuyer des tas de baisers appuyés.
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Nos habitudes changent doucement aussi. On boit désormais de l'eau minérale ou traitée. On a terminé les gâteaux et les bonbons offerts gentiment par nos voisines, les confitures de "tonton Jean-Paul", les sucreries de notre fête de famille à Nancy, le miel de "l'apsycultrice", la tapenade de papy et mamie, le pastis et les laitages achetés en Espagne, le papier toilette triple épaisseur "doux comme une caresse"... Quand on est sur le point de finir quelque chose, les filles demandent: "on en retrouvera encore de ça?", et si la réponse est négative, elles en prennent moins "pour en garder encore un peu". Désormais nous nous passerons des pâtes, du chocolat, des fromages "de chez nous", et autres petites choses introuvables hors d'Europe. Nous éviterons la viande et les laitages pour des raisons évidentes, et cela nous permettra par ailleurs de couper le frigo la nuit pour économiser notre énergie... Nous remplaçons peu à peu tout ça par la Vache (qui rit partout dans le monde), le bon pain local, les pâtisseries marocaines, la semoule ou le riz, les oeufs, les fruits frais ou secs, les légumes, et les petits gâteaux secs (au chocolat!)... La transition se fait sans difficulté majeure: on ne perd pas forcément au change!
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Notre journée type (mais comment parler de journée type?!) se déroule ainsi: Nous nous levons plus tôt depuis notre entrée au Maroc (le décalage horaire de 2 heures y est pour beaucoup). Vers 7h30 tout le monde est debout, ou plutôt dans la capucine pour un câlin à 4. Après le petit déjeuner, soit nous prenons la route, soit nous restons sur place pour des visites, balades, cours, jeux, lessives. Petite parenthèse technique: nous avons une "machine à laver"; un bidon étanche, un peu de lessive et de l'eau... et les secousses de la route (ou mieux: de la piste) font le reste! Au bivouac il ne reste qu'à rincer et étendre! La plupart des repas sont pris "chez nous", mais il nous arrive de nous offrir le restaurant (le tajine est à partir de 3,5€ ici!).
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L'après midi c'est la route, pendant laquelle les filles font parfois la sieste. Plusieurs options sont possibles: théoriquement les places homologuées sur la dinette sont celles dos à la route (mais les 4 sont équipées de ceintures). En pratique, le plus souvent Bambou dort dans la capucine pendant que Cannelle, allongée sur la banquette de la dinette, profite du paysage avec nous par le passage-cabine. Une 3eme option existe désormais: nous mettons un coussin sur le "cuby-box" entre nous 2 pour y asseoir l'une des filles; nous pouvons même l'attacher, puisqu'il y a officiellement 3 places, et donc une ceinture. Sur les pistes, je prends la 2eme sur les genoux, et ainsi nous sommes tous ensembles!
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François fait parfois un peu de mécanique, pour maintenir Campeur en forme. Si nous sommes en ville, nous passons au cyber-café lire nos mails et envoyer les mises à jours du site (c'est parfois très long si le débit est faible). Il faut aussi faire les pleins (gasoil et eau), et trouver où vider nos "toilettes propres" (parfois un trou creusé dans un champ suffit!) Ici la nuit tombe à 18h00, et la soirée s'en trouve écourtée: après une toilette et le repas du soir, nous jouons parfois avec les filles (dominos, mikados, puzzles...) ou bien admirons les étoiles. Ensuite une petite histoire et au lit! Nous avons alors enfin un moment pour nous: discussion sur la suite du voyage, lecture, préparation du site ou des réponses aux mails, musique au casque, courrier... Une amie, sachant comme j'aime écrire, m'avait offert des cahiers de voyages à remplir au fil des jours. Mais le site m'occupe déjà beaucoup, et avec les filles à gérer et tout le reste, j'ai du mal à noircir mes pages blanches!
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Dans la journée de petites choses nous rappellent nos proches, et les filles embrassent le panneau-photos chaque soir! Un Ami (avec un grand A) est en train de créer un blog juste pour nous, que nos proches pourront alimenter de photos et nouvelles régulièrement, et que nous n'aurons qu'à consulter lors de nos connexions! Mais je tiens aussi à remercier tous ceux qui, sans nous connaître, nous suivent régulièrement. Certains nous écrivent des mails très touchants et motivants, et nous sommes désolés de ne pouvoir répondre individuellement à chacun. MERCI donc à tous: partager notre voyage à travers ce site lui donne une dimension supplémentaire, même si c'est une contrainte non négligeable.
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 13/10/08 | Après une nuit d'accalmie, nous avons finalement décidé de tenter la balade dans les gorges. Les paysages sont somptueux...
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Mais la route a été très détériorée par les intempéries, écroulée même à certains endroits, nous obligeant à traverser directement l'oued... Quand le ciel s'est à nouveau obscurci, nous avons préféré rebrousser chemin!
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Le moral, lui, est resté au beau fixe: j'avais utilisé notre dernière tablette de chocolat pour faire une mousse que tout le monde a su apprécier comme un met rare!
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Nous nous sommes ensuite rapproché de Boulmane Dadès pour y installer notre bivouac du soir, avant de nous séparer une nouvelle fois au matin. Peut-être nos routes se re-croiseront elles à nouveau, puisque nous suivrons à peu près le même itinéraire en Afrique de l'ouest?
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Notre but d'hier était d'éviter Ouarzazate, en prenant une petite route puis une piste jusqu'à Nekob, pous rejoindre ensuite Tassikht dans la vallée du Draa. Nous n'imaginions pas dans quelle galère nous nous lancions! La très belle petite route s'est tout à coup changée en piste cassante difficilement praticable, serpentant dangereusement au bord de précipices impressionnants à 2400m d'altitude...
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Il faut savoir qu'avec notre cellule, même s'il y a peu de poids en haut, les secousses prennent vite des airs de vagues déferlantes: les placards, subissant des torsions inhabituelles, s'ouvrent, et on a à chaque instant l'impression que l'on va se renverser.
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Peu de photos du paysage pourtant à couper le souffle: l'ambiance n'était pas franchement à la rigolade, même si je tentais de distraire les filles qui lançaient de temps en temps des: "ben là c'est drôlement haut; si on tombe tout en bas on va casser Campeur, c'est sûr!" Mais elles ont été géniales, patientes, de vraies petites aventurières en herbe!
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Sortis d'affaire vers 16h30, après plus de 5h de sueurs froides, nous nous sommes "échoués" dans un coin tranquille en retrait de la route pour nous remettre de nos émotions. Quand je pense qu'on pourrait regarder tranquillement la énième saison de la Star'Ac avachis dans un bon canapé!
Ce matin nous avons poursuivi notre route plus sereinement en direction de Mhamid. Nous nous sommes arrêté au souk (marché) hebdomadaire de Tin-Zouline, très typique.
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Bouchers, marchands de fruits et légumes, d'épices bien sûr, mais aussi d'outillage, de papeterie...
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... et de sucreries bien sûr!
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Après cette halte, nous avons dépassé Zagora, pour nous installer au pieds des dunes de Tinfou, quelques kilomètres après Tamegroute. Oh, rien de très spectaculaire: un gros tas de sable posé là par on ne sait quel jeu du vent...
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Mais il n'en faut pas plus aux filles pour se défouler... et nous les suivons volontiers dans leurs jeux!
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 15/10/08 | Nous avons fêté hier notre 1er mois de voyage... à Ouarzazate! Et oui, les changements de dernière minute font partis de l'aventure; ils lui donnent même tout son intérêt! Notre soirée dans les dunes de Tinfou a tourné en 5mn à la tempête de sable d'abord (impressionnante!), puis à l'orage. Nous sommes donc sortis des dunes pour rejoindre un sol un peu plus caillouteux et dur. Le lendemain matin, nous avons comme prévu continué notre chemin vers Mhamid... avant d'être à nouveau bloqués: la route était coupée par la montée des eaux et la police interdisait toute tentative de traversée. Après avoir patienté un peu grâce au thé offert gracieusement par les policiers et à une discussion avec des voyageurs en 2CV (des "amis de nos amis" Cyril et Sylvie, le monde est petit!), nous avons décidé que c'était un signe d'Allah : nous n'irions pas à Mhamid!
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Et là, allez savoir quelle mouche nous a piqué, nous avons subitement décidé de faire un "détour" jusqu'à Marrakech. Nous n'avions pas prévu d'y passer cette fois, mais cette ville a quelque chose de spécial, difficile à expliquer... Bref, nous voilà partis pour une 1ere étape hier soir à Ouarzazate, où nous ne devions pas passer non plus... Mais là nous n'avons fait que nous poser pour dormir!
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Et aujourd'hui, Campeur a "avalé" les 200km de route du Tizi-N-Tichka, qui nous séparaient encore de notre but.
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Nous connaissions déjà bien cette route, mais elle nous apparaît toujours aussi variée et magnifique: des maisons en terre fondues dans le paysage qui lui, passe par tous les ocres possibles, avec au fond des vallées de belles traînées vertes: les cultures en terrasses le long de l'oued.
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Et le plus agréable: des instants de vie saisis au vol, des scènes du quotidien dans ces montagnes rudes. Le travail aux champs, le lavage du linge à la rivière, les gosses qui vont ou reviennent de l'école à toutes heures (mais comment fonctionnent les emplois du temps scolaires dans ce pays?), le linge qui sèche partout sur les arbres ou à même la terre, formant de belles mosaïques visibles de loin...
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Nous voilà donc arrivés à Marrakech, où nous avons eu la chance de trouver un parking tranquille et gardé (payant bien sûr mais seulement 35DH soit environ 3€/24h) en plein centre, à 2 pas de la place Jemaa-El-Fna. Cannelle a de son lit une vue imprenable sur le minaret de la Koutoubia illuminé le soir... et nous sommes aussi aux 1eres loges pour l'appel à la prière du Muezzin aux aurores!
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1ere petite balade dans la medina où Cannelle a reconnu certains endroits, y compris notre hôtel de l'an dernier, où nous avons emmené du linge à laver. Les filles ont aussi remarqué LE jeu à la mode ici: un genre de circuit électrique, avec Oussama Ben Laden poursuivit par Georges Bush dans un char. Du meilleur goût!
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Comme je le disais, cette ville a un charme spécial, que même les milliers de touristes n'enlèvent pas. Et si la place Jemaa-El-Fna regorge d'étrangers le soir, elle est aussi très prisée des "locaux", et le mélange "prend" assez bien, même s'il est parfois cocasse, tout comme le mélange de la modernité et de la tradition: on voit ici autant de jeunes en jeans que de femmes voilées. Nous comptons rester sur "notre parking" 3 nuits avant de rejoindre Taroudant par la route du Tizi-N-Test. Cette route et celle du Tizi-N-Tichka, parmis les plus belles du Maroc, justifiaient à elles seules le détour par Marrakech!
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 19/10/08 | Notre séjour à Marrakech a été très agréable, même si nous n'y avons fait aucune "visite" particulière: nous nous sommes contentés, sous une chaleur torride, de flâner sans appareil photo, d'observer, et de retrouver notre "cantine" (le restau "Toubkal" sur la place Jemaa El Fna) où nous nous régalons tous les 4 d'un menu complet, cornes de gazelles et yaourts maison au dessert, plus thé à la menthe et "café cassé" inclus, le tout pour à peine 10€! Nous avons aussi envoyé (dans les temps!) les évaluations de Cannelle au CNED, fait quelques achats discrets en vue des anniversaires proches, et réussi, avec une joie non contenue qui a emplie le cyber-café où nous nous trouvions, à avoir une conversation vidéo avec notre famille... C'est quand même magique la technique!
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Nous avons aussi eu la surprise de voir débarquer sur "notre parking" la famille DOR, des voyageurs partis comme nous en septembre (et en Defender 130) pour un grand périple (voir site en lien). Nous avons aussitôt décidé de faire un bout de route ensemble!
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Nous voici donc partis par la vertigineuse mais magnifique route du Tizi-N-Test, où nous avons encore croisés de beaux villages en terre et des décors grandioses...
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Nous avons d'ailleurs bivouaqué en peine nature à plus de 2000m, autour d'un bon feu de bois. Les filles sont ravies de jouer avec Marie et Stéphane, les enfants de Valérie et Philippe: recherche du bois pour le feu, observation d'insectes dans leur "boite-loupe", rêveries devant les flammes, le tout dans un hôtel à bien plus de 5 étoiles... Le grand luxe!
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Aujourd'hui nous avons continué notre route et, après un détour par Taliouine et la vallée du safran, nous nous sommes arrêtés ce soir dans la nature, à quelques kilomètres de Taroudant que nous souhaitons visiter demain. Ensuite nous rejoindrons la côte atlantique pour ne plus la quitter jusqu'à la frontière mauritanienne.
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 21/10/08 | Hier nous sommes passés à Taroudant, où nous avons visité le "souk berbère" , peu fréquenté par les touristes. Nous y avons acheté des olives pour nos apéros, et du "salou", le chocolat local (une sorte de poudre pâteuse à base d'arachide, de miel, de sésame et d'amandes) ; nous y avons aussi mangé pour 8DH l'assiette, soit environ 0,70€, record à battre... mais il est recommandé de boire en même temps du coca pour désinfecter l'estomac!
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Ensuite nous avons rejoint la côte au niveau d' Aglou, juste à temps pour jouer encore un peu et admirer un magnifique coucher de soleil...
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Cet endroit est situé tout près du parc national de Sous Massa, où l'on peut voir beaucoup d'oiseaux migrateurs. Nous avons d'ailleurs admiré le vol groupé et majestueux de cigognes noires.
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Ce matin, nous nous sommes promenés sur la plage jusqu'à un village de pêcheurs dont les habitations sont installées en grande partie dans des grottes à flanc de falaise. J'aime parfois me poser 5mn pour imaginer la vie des gens et me mettre, autant que possible, à leur place. Et souvent je me dit que, même dans notre petit Campeur, nous sommes beaucoup mieux lotis que la plupart des habitants de cette planète. Mais pas de misérabilisme: cela ne veut pas dire que tous ces gens sont malheureux, heureusement!
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On nous a affirmé que ce village désert est pris d'assaut en juillet-août par les touristes français. Mais nous y avons surtout rencontré des gens du coin et des chiens errants!
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Pas facile d'être à la fois photographe et sur la photo... Mais à la demande des mes proches, j'ai fait un effort pour "prendre la pose"! Ce soir nous sommes au camping de Tiznit, le temps de faire un peu de lessive, de poser des crochets sur les placards pour qu'ils résistent aux pistes, de lire nos mails (nous ouvrons à chaque fois notre boite de réception comme un gosse ouvre son cadeau de Noël!)...
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J'ai aussi donné une nouvelle interview téléphonique comme je le fais régulièrement, pour Philippe Costa de Radio France Bleue Drôme-Ardèche... Il n'est pas toujours facile de se joindre, mais malgré quelques "rendez-vous manqués", il est très agréable de communiquer avec notre région à travers son émission!
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 25/10/08 | Nous bivouaquons aujourd'hui à Dawra, sur la côte atlantique, dans un paysage lunaire: le sable du désert mêlé à un lac salé, et au milieu une source... |
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Depuis Aglou nous sommes descendu, longeant la plupart du temps la côte atlantique. Nous sommes passés à Tiznit, où nous avons laissé la famille Dor qui rentre en France pour réétudier son moyen de transport (Land + tentes de toit), trop difficile à long terme. Bonne chance à eux dans la poursuite de leur rêve... De notre côté nous ne regrettons pas notre choix de partir "avec notre maison sur le dos": c'est un luxe ne n'avoir rien à déplier et à mettre en place au bivouac, et de pouvoir en outre nous arrêter n'importe où, que ce soit sur un parking en centre ville ou en pleine nature.
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Nous avons fait une halte dans l'oasis de Tighmer, où nous avons pu observer tranquillement les travaux matinaux dans les parcelles de la palmeraie.
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Nous y avons aussi rencontré François et Mireille, deux retraités français que les filles ont adopté tout de suite, et Alain, un coureur qui parcoure le Maroc avec un simple sac à dos de 5kg, pour s'entraîner au marathon des sables... Sacrée leçon d'humilité! |
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La pluie nous a à nouveau poussé un peu plus loin, et nous avons hier dépassé Tan-Tan, pour stopper à El Ouatia. Nous y avons retrouvé Mireille et François, qui ont comblé nos filles de bonheur en leur faisant des crêpes!
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Et demain nous allons "faire chanter les dunes": c'est un phénomène existant dans seulement 30 sites dans le monde; je me souviens d'avoir vu Nicolas Hulot le tester dans une de ses émissions. Il faut faire glisser du sable sur le versant le plus raide de la dune, et il en sort des sortes de "vibrations musicales". Mais la réussite dépend de la température, du taux d'humidité... autant dire que rien n'est gagné pour Cannelle qui espère entendre "Au clair de la lune"!
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 27/10/08 | Nous sommes entrés hier au Sahara Occidental, zone sensible encore sous administration militaire. Le Front Polisario y a cessé toute action militaire, mais le désert reste miné et il est conseillé de ne pas s'éloigner des axes routiers! Nous sommes d'ailleurs contrôlés très souvent, parfois tous les 50km... et parfois tous les 50m! Mais les policiers sont très courtois... et ils ne résistent pas au charme de nos filles!
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Hier nous avons dormi à la sortie de Laâyoune, sur la plage de Foum El Oued où nous avons eu la chance de rencontrer Emilie et Hugo, qui rentrent en France après 6 mois de travail dans les cultures en Afrique de l'Ouest. Discussion animée et questions pour la suite de notre voyage ont occupées notre soirée devant un délicieux tajine maison. Une très belle rencontre... Il faut dire que jusqu'ici, on a vu pas mal d'oiseaux et de camping cars migrateurs qui descendent passer l'hiver au soleil, mais rarement l'inverse!
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Ce soir nous avons trouvé un coin magnifique surplombant les dunes et l'océan. Malheureusement nous ne pouvons pas manger dehors ces jours-ci: le vent tout le long de cette côte est impressionnant, et la nuit Campeur tangue comme un bateau dans la tempête...
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La route côtière longe le plus souvent des falaises parfois vertigineuses. Devant ce spectacle, je repense à mes cours d'école sur la "tectonique des plaques" et la "dérive des continents"... Ici, on a la sensation que la déchirure vient juste d'avoir lieu tant le sol est tranché net pour tomber dans l'océan. D'ailleurs avec l'érosion, des pans entiers plongent régulièrement, et c'est avec admiration et quelques frissons que nous regardons les pêcheurs s'aventurer au bord du précipice! Nous essayons de ne pas imposer aux filles des étapes trop longues, mais cette route nous semble interminable et nous sommes maintenant pressés de rejoindre la Mauritanie. |
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 Même si les femmes d'ici sont vêtues de voiles moins ternes que dans le reste du pays, nous sommes impatients de découvrir l'Afrique gaie et colorée que nous imaginons!
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Notre rencontre d'hier a en effet éloigné nos inquiétudes suite au putsch et à ses conséquences. Par contre nous n'irons pas vers les dunes de Chinguetti, car cette zone est fortement déconseillée actuellement (12 militaires y auraient été décapités en septembre). On nous a aussi confirmé que l'on pourrait prendre nos visas à la frontière sans problème, et que l'on pourrait changer des dirhams directement en ouguiyas. En effet nos cartes bancaires ne pourront pas nous servir en Mauritanie, et nous n'avons gardé que quelques euros en poche (même si nous avons aussi des travellers chèques en dépannage). Demain, même programme, même route monotone, mais au bout, dans quelques jours, une nouvelle grande étape pour nous!
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NB: la dune a bien chanté, timidement, et même si ça n'était "pas du Tino Rossi", comme l'ont dit François et Mireille qui nous avaient accompagné, les filles s'en sont contenté!
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 29/10/08 | Nous voici enfin à Dakhla, dernière ville avant la frontière, même s'il reste encore 380km avant celle-ci... Cette longue route est assez jolie, bien que monotone, et surtout nous y faisons des bivouacs sympas où les filles profitent librement de la plage.
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Quoique celui d'hier était un peu "raté": d'abord nous avons été attaqués par des nuées de mouches entrées dans Campeur, sans doute pour se protéger du vent.
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Ensuite lors de notre promenade au coucher du soleil, nous avons tout à coup été cerné par une dizaine de chiens errants à l'attitude plus que menaçante... C'est aidés de bâtons que nous avons battu en retraite jusqu'à notre petit nid douillet!
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Dakhla est une ville sans aucun intérêt, si ce n'est d'être le dernier point de ravitaillement en vivres jusqu'à Nouadhibou en Mauritanie. Auparavant, c'est d'ici que partaient les convois (qu'il était obligatoire d'intégrer) jusqu'à Nouadhibou. Aujourd'hui les formalités se font à Fort Guerguerat, que nous devrions atteindre en 2 étapes. Désormais les mises à jour du site seront sans doute moins régulières, car les cyber-cafés se trouvent peu hors des grandes villes, ou alors ils sont d' une lenteur qui permet à peine la réception et l'envoi de nos mails...
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 31/10/08 | La journée avait pourtant bien commencé! Levés avec le soleil et le bruit des vagues, quelques courses en ville, de nouveaux essais au cyber café pour lire nos mails (sans succès), un passage au garage pour faire rallonger notre pot d'échappement (qui noircissait trop la cellule), des appels téléphoniques à nos proches pour dire que tout allait bien... Et puis voilà: un moment d'inattention, et Bambou, qui s'est détachée et cherche son doudou, tombe à la renverse de la banquette au moment où François redémarre d'un parking. Je vous passe les détails, mais quand nous avons compris que c'était sérieux, nous nous sommes souvenus avoir vu un hôpital à l'entrée de la ville. On nous y a très bien reçu et pris tout de suite en charge: radios, visite d'un interne, puis du "traumato" débarqué ici depuis une semaine seulement, et verdict: fracture de la clavicule... Heureusement c'est, comme ils disent ici, une "fracture de bois vert", ce qui veut dire que vu son jeune age et grâce au fait que la fracture n'est pas déplacée, cela se devrait se ressouder tout seul, avec l'aide d'un bandage serré seulement. Plus de peur que de mal donc, car si nous ne mettions pas en doute les capacités des médecins, l'hôpital, lui, nous a semblé bien pauvre et les mesures de sécurité, ne serait-ce qu'à la radio, inexistantes. Nous préférions ne pas avoir à y rester! Tout cela nous a pris à peine 3/4 d'heure, coûté 30€, et notre petite chérie a dormi comme un ange après toutes ses émotions...
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Cruel dilemme ce matin: fallait-il rester un jour de plus à Dakhla pour nous reposer, ou reprendre la route, au risque que les vibrations ne fassent souffrir Bambou? Nous avons finalement choisi la 2eme option, car bien calée et immobile, elle craignait finalement moins de se faire mal ou d'aggraver sa situation qu'en courant sur la plage avec sa soeur!
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Et ce soir nous voilà à "Fort Guerguerat", garé devant la barrière de la douane, prêts à passer dès l'ouverture de la frontière demain matin! Et oui, nous avons fait ce qui est une grosse étape pour nous: presque 400 km. Non seulement les filles étaient tranquilles, mais surtout les bords de la route sont truffés de panneaux "attention aux mines" ou "ne pas quitter l'axe"... Pas facile d'installer un bivouac dans ces conditions, malgré les belles dunes et les plages que nous avons longé! Nous avons aussi passé le Tropique du Cancer; pour l'Equateur, il faudra attendre un peu, surtout que nous ne savons pas encore si nous pourrons traverser toute l'Afrique... Nous quittons le Maroc après un mois de balade et plus de 4000 kilomètres parcourus... Demain, la Mauritanie. On nous a averti des formalités fastidieuses qui durent parfois plus de 3 heures; nous sommes prêts à y faire face: l'Afrique, la vraie, nous tend les bras!
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 Quelques photos en vrac... | Véhicule 1.
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Véhicule 2. |
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Véhicule 3.
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Véhicule 4.
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Véhicule 5.
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Véhicule 6.
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Véhicule 7.
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