Démarrer ou arrêter la musique

JOURNAL DE BORD - Epilogue

Nous rentrons

Cliquez pour agrandir l'imageNous avions rêvé ce voyage à deux, mais je suis la seule à m'y épanouir...
Alors nous rentrons.
Nous ne découvrirons pas le pays Dogon, pas plus que le Salar d'Uyuni, Ushuaïa, le Grand Canyon, Madras ou Ispahan...
Nous ne referons pas la décoration intérieure de Campeur en Afrique, comme nous le projetions...
Les filles ne rencontreront pas d'éléphants, de lamas, de kangourous ni de vaches sacrées. Elles ne sauront pas dire bonjour en Portugais, en Indi ou en Khmer, et n'apprendront pas la danse des Apsaras au Cambodge...
Campeur ne gravira pas la Cordillère des Andes ou les contreforts de l'Himalaya, ne roulera pas sur les pistes rouges d'Australie ou dans la jungle du Laos...
Je ne me prendrai pas pour Thelma ou Louise sur les routes américaines, ni pour Priscilla, la folle du désert, en Australie.
Je n'aurai pas le plaisir de vous raconter le Burkina, la pampa argentine, l'ouest américain, nos frères québécois, la grande barrière de corail ou Katmandou...
Nous ne rentrerons pas en Europe, l'appétit aiguisé par une si longue absence...
Trop tôt, beaucoup trop tôt, nous rentrons.
Partager avec vous cette expérience incroyable me manquera beaucoup.
Me manquera aussi à jamais ce fabuleux sentiment de liberté, renouvelé chaque matin en me réveillant dans un lieu différent et totalement inconnu.
D'autres vivront tout cela et vous le feront vivre à notre place...
Nous, nous rentrons.
Ca n'est pas facile de laisser s'envoler un rêve de gosse, encore plus quand on l'a touché du doigt...
Pourtant il faut relativiser la gravité des choses: Bambou a soufflé aujourd'hui ses 3 bougies; Cannelle fêtera ses 5 ans de retour en France. Elles sont pleines de santé et de joie de vivre...
A Bamako, un rasta m'a dit: "En Afrique, quand on se réveille le matin, c'est qu'on est en vie, et ça suffit à nous rendre heureux."
Je tenterai d'appliquer plus que jamais cette philosophie au retour.
Merci à tous du fond du coeur.


Copyright Sylvie DUPONT (sfd) 2008. Tous droits réservés.mercredi 25 août 2010